Nasr Eddin Hodja ou encore Jouha est un personnage devenu légendaire dans la tradition orale et la littérature satirique d'une vaste région allant de l'Asie centrale jusqu'au Caucase et de l'Iran jusqu'au Maghreb en passant naturellement par la Turquie d'où il est originaire.
L'homme est né autour de 1208 à Hortu, village anatolien proche d'Akshéhir. Son père était l'imam du village. Nasr Eddin devint qadi adjoint, c'est-à-dire juge civil et religieux et exerça la fonction d'enseignant dans les écoles de Konya et d'Akshéhir. Il s'installa dans cette ville en 1237 pour suivre les cours de Mahmud Hayrani et de Haci Ibrahim avant de devenir professeur à son tour. Il est probable que sa liberté de langage, son impertinence, sa drôlerie mais aussi sa sagesse ont alimenté de trés nombreuses histoires dont il est le héros. Jouant le faux idiot, tantôt roublard et égoïste, tantôt facétieux et impertinent, voire obcène et prenant quelques libertés avec la religion, Jouha ne cesse de faire rire tout en nous invitant à la réflexion.
Souvent accompagné de son inséparable âne, Jouha a été intégré, sous des noms divers (Nasredine, Nasdine Hodja, Djeha...) dans le folklore de nombreux peuples et les diverses versions de ses aventures se comptent par milliers. Voici, en guise d'illustration, quatre brefs récits en français (avec la version en arabe): Jouha à la mosquée, Jouha et son âne, Beaucoup et peu et Les six doigts.